l’homme qui comprend la mer

Directeur d’activité en océanographie chez SUEZ, Marc utilise la modélisation numérique pour anticiper les mouvements de l’océan et réduire l’impact environnemental sur les écosystèmes marins. Mais quand Marc évoque l’océan, il ne parle pas d’emblée de modèles ou de calculs complexes, il parle avant tout d’un monde vivant, mouvant, qu’il observe depuis toujours.

Des mathématiques à l’océanographie : un changement decap décisif

« J’ai toujours eu envie de comprendre pourquoi les choses fonctionnent comme elles fonctionnent », confie Marc. Cette curiosité profonde, presque instinctive, l’a guidé dès ses études. Après une maîtrise de mathématiques, il découvre par hasard l’océanographie lors d’une présentation à l’université de Brest. Ce jour-là, tout bascule :« J’ai eu envie de voir comment mes connaissances pouvaient servir au monde réel, et plus particulièrement au monde marin. »

Il enchaîne alors avec un DEA (l’équivalent d’un master) puis une thèse en océanographie physique, entre l’Ifremer l’institut français de recherche sur l’océan, et l’université. Une voie scientifique exigeante, mais qui lui ouvre un champ d’exploration immense : celui de l’océan, de ses dynamiques et de ses interactions avec les activités humaines.

Modéliser l'océan pour protéger l'environnement

À la fin de sa thèse, Marc rejoint Actimar, filiale de SUEZ, spécialisée dans la modélisation océanographique. Il y découvre une activité pionnière, tournée vers l’innovation et l’application concrète de la science. Aujourd’hui directeur d’activité, il supervise l’ensemble des études et des systèmes de prévision. Son métier s’articule autour de deux grandes missions.

 

Tout d’abord, la modélisation de l’environnement marin pour anticiper les éventuels impacts des activités humaines sur celui-ci et ainsi accompagner ses clients vers les solutions les mieux adaptées.

 

Sa deuxième mission est plus opérationnelle : fournir à ses clients, essentiellement des armateurs, des prévisions quotidiennes de vagues, courants et vents, pour optimiser les routes maritimes et réduire leur consommation de carburant et donc leurs émissions de gaz à effet de serre.

Marc intervient aussi sur des sujets majeurs comme l’érosion côtière ou la submersion marine. Autant de défis amplifiés par le changement climatique et qui nécessitent une expertise scientifique pointue.

Une vocation ancrée dans la nature

Bien avant de découvrir l’océanographie, Marc était déjà passionné par l’observation de la nature. « Je fais beaucoup d’ornithologie depuis toujours », raconte-t-il. Observer, comprendre, protéger les oiseaux : une sensibilité environnementale qui irrigue son quotidien.

 

D'origine bretonne, la mer a toujours été omniprésente pour lui mais depuis qu’il fait ce métier, son regard sur le littoral a changé : il lit dans les paysages les traces de l’érosion, des tempêtes, des aménagements. Et il sensibilise volontiers son entourage, notamment sur la pollution plastique : « Chaque geste a un impact, même loin de la mer ».

L'intelligence artificielle, un nouvel horizon pour l’océanographie

L'évolution technologique a déjà profondément transformé le métier de Marc : « Aujourd'hui, on peut être beaucoup plus précis, faire beaucoup plus de tests grâce à la puissance de calcul dont on dispose. » Et demain ? L'intelligence artificielle ouvrira de nouvelles perspectives, en permettant d’analyser d’immenses quantités de données, de comparer plusieurs modèles ou d’accélérer l’interprétation des résultats. Pour autant, il reste convaincu que l’expertise humaine demeurera irremplaçable. . Car au cœur des algorithmes et des modèles, il y aura toujours le regard du chercheur, sa capacité à interpréter, questionner et donner du sens aux données. Une alliance entre intelligence humaine et puissance technologique qui pourrait bien redessiner, en profondeur, notre connaissance des océans.

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