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Le biogaz en France : quelles avancées pour la transition énergétique des territoires ?

La lutte contre le réchauffement climatique nécessite un engagement collectif pour produire des énergies vertes, innovantes et capables de répondre à des besoins locaux. Produire de la matière première secondaire à partir d’eaux usées, la transformer en énergie, alimenter le réseau de gaz naturel ou de transport public : c’est ce que permet aujourd’hui le biogaz. Au cours des dernières années, les avancées technologiques et la volonté du gouvernement ont permis au biogaz de se développer pour aider les villes à se transformer. Un an après l’adoption de la loi de transition énergétique : quelle place pour le biogaz en France ?

Le biogaz : de quoi parle-t-on ?

Le biogaz est un gaz résultant du processus de dégradation biologique des matières organiques. Ainsi, dans le cas du traitement des eaux usées, les boues d’épuration deviennent une source d’énergie : leur digestion produit du biogaz. L’épuration de celui-ci permet d’obtenir du biométhane, une énergie qui présente les mêmes avantages que le gaz naturel, tout en étant renouvelable. Injecté dans le réseau, comprimé ou liquéfié, le biométhane est aussi un carburant vert utilisé par de nombreux types de véhicules : BioGNV pour les voitures, bus, bennes à ordures ménagères… et BioGNL pour les poids lourds. Renouvelable, non polluant, produit localement, le biométhane apporte une nouvelle solution énergétique, efficace et respectueuse de l’environnement. En dehors de ces atouts écologiques, le biogaz présente aussi un intérêt économique conséquent pour les collectivités : il s’agit d’une source d’emplois non délocalisables qui favorise l’indépendance énergétique des territoires vis-à-vis des énergies fossiles.

Le biogaz, une place croissante dans le mix énergétique français

Dès 2011, la France reconnaît l’intérêt du biogaz comme ayant sa place dans son projet environnemental et autorise l’injection de biométhane issu de déchets agricoles dans le réseau de gaz naturel. En 2014 et à la demande des collectivités locales, cette autorisation s’étend à l’injection de biométhane issu des stations d’épuration. La valorisation d’eaux usées devra permettre de produire l’énergie correspondant à la consommation de 40 000 ménages d’ici à 2020.

En 2015, le gouvernement publie la Loi de Transition Energétique, suivie en avril 2016 d’une ordonnance pour le développement du biogaz, qui réaffirme son rôle clé pour le futur de l’énergie en France : « La filière biogaz participe au développement des énergies renouvelables, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l’essor d’une économie circulaire, avec la valorisation des déchets produits localement. […] Ce mode de valorisation, encouragé par le tarif d’achat mis en place en 2011, permet d’obtenir des rendements énergétiques élevés et contribue à l’atteinte de l’objectif de 10 % de gaz d’origine renouvelable dans la consommation de gaz en 2030. » Plus de 300 projets d’injection techniquement réalisables se sont déclarés auprès des gestionnaires de réseaux de gaz naturel. En mars 2016, 18 sites injectaient du biométhane dans les réseaux.  

Les villes françaises, acteur majeur de la filière biogaz

Le biogaz attire rapidement les villes françaises. Strasbourg aura été la première à injecter du biométhane issu de station d’épuration dans le réseau de gaz, un an à peine après la parution du décret autorisant ce processus. Fruit d’une coopération entre SUEZ et l’Eurométropole, le projet Biovalsan vise la production de 1,6 millions de mètres cubes de biométhane, soit un potentiel énergétique annuel de 16 GWh permettant d’alimenter l’équivalent de 5000 logements.

En France, le biogaz est également perçu comme un levier pour développer la mobilité durable et pour cause, la production annuelle de biométhane générée à partir des boues de station d’épuration d’un territoire de 100 000 habitants représente 3 GWH, soit la consommation annuelle de 20 bus ou de 20 bennes à ordures ménagères ou encore de 100 véhicules légers, soit une économie de 525 000 litres de gazole.    

Cet effort en faveur de la mobilité propre est aujourd’hui principalement porté par les collectivités locales qui achètent en priorité des bus roulant à l’électricité ou au gaz ainsi que par les acteurs de la grande distribution, qui incitent de plus en plus leurs partenaires transporteurs à opter pour des véhicules utilisant du bioGNV (biométhane). Inauguré récemment, le projet BioGNVAL sur le site de Valenton est une véritable avancée dans ce domaine : il démontre que l’on peut produire, grâce à nos eaux usées, un carburant propre qui n’émet pas de particules fines et pratiquement pas d’oxydes d’azote, avec 50% d’émissions sonores en moins par rapport aux moteurs diesels et une réduction de 80% des émissions de C0².

SUEZ, référence en France de la valorisation des déchets

Faulquemont (57) - En juin 2015 SUEZ a inauguré un nouveau centre de valorisation organique avec une unité de méthanisation développée intégralement par le Groupe pour alimenter le territoire en électricité et chaleur verte. Une solution de production locale d’énergies pour la transition énergétique.

A 40km de Metz (57), la mise en service de la nouvelle unité de Faulquemont marque une étape concrète dans la transition énergétique du territoire mosellan. SUEZ y valorise en nouvelles ressources énergétiques les déchets organiques issus de l’industrie et de la distribution, des collectivités et de l’agriculture. Utilisée localement, l’énergie verte produite permet de couvrir plus de 70% des besoins de l’industriel voisin ISMERT, spécialisé notamment dans le lavage de citernes et conteneurs, et d’alimenter en électricité le réseau de la Ville de Metz.

 

Combrée (49) – Depuis janvier 2016, SUEZ est actionnaire majoritaire du centre de valorisation Méta Bio Energies. Ce centre est spécialisé dans la valorisation énergétique des biodéchets par méthanisation et la production d’amendement organique pour les sols.

Méta Bio Energies produit de nouvelles ressources durables via la transformation de déchets organiques, issus majoritairement de l’industrie agro-alimentaire, des gros producteurs (supermarchés et restauration), de l’agriculture et des déchets verts municipaux, en énergie et en produits de fertilisation. L’usine valorise les déchets pour produire jusqu’à 8000 MWh électriques, soit l’équivalent de la consommation électrique de plus de 2 000 foyers. L’électricité et la chaleur vertes produites grâce à l’unité de méthanisation permettent une réduction des émissions de dioxyde de carbone de l’ordre de 1 400 tonnes par an.