
Protéger la santé publique, c'est aussi protéger l'environnement, et c'est notre métier : notre contribution à l'approche "One health"
"One Health" (ou "Une seule santé") : une approche intégrée de la santé
L’approche "One Health" repose la reconnaissance de l’interdépendance étroite entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes. La dégradation de la qualité des ressources en eau, des sols ou de la biodiversité augmente les risques de maladies, fragilise la sécurité alimentaire et accroît la vulnérabilité des populations face aux aléas climatiques.
Préserver l’eau, traiter les eaux usées et gérer les inondations, régénérer les milieux naturels, collecter et traiter les déchets, renforcer la biodiversité, ou encore lutter contre le changement climatique, c’est multiplier les co-bénéfices : moins de maladies, des écosystèmes mieux protégés, et des services plus résilients face au changement climatique.
Santé des écosystèmes : prévenir les risques en agissant sur l’eau, les eaux usées et les déchets
Dès le 19ème siècle, le courant hygiéniste a démontré les liens étroits entre conditions de vie, accès à une eau saine, collecte et traitement des eaux usées, lutte contre l'insalubrité et espérance de vie. Le développement des réseaux d’eau potable, d’assainissement et la collecte des déchets ont marqué une avancée décisive pour la santé publique.
Aujourd’hui encore, l’accès à une eau potable de qualité et à un traitement des eaux usées performants reste un défi mondial, accentué par la croissance démographique et le changement climatique. La gestion des déchets constitue également un levier essentiel : une collecte et un traitement efficaces réduisent la prolifération des vecteurs de maladies (rongeurs, moustiques), limitent les zoonoses (maladies infectieuses passées de l’animal à l’homme) et protègent les ressources naturelles des pollutions.
2,2 milliards
2,4 milliards
2,7 milliards
Notre contribution à l'approche "One health" : expertise et rôle de sentinelle sanitaire
Par exemple, à partir de 2027, nous prendrons en charge la distribution de l’eau potable de la ville de Salem en Inde et ferons évoluer le réseau d’eau de la ville vers un système plus résilient et durable. La modernisation des infrastructures et le déploiement de technologies de pointe permettront de garantir l’approvisionnement continu d’une eau potable de qualité à plus d’un million de personnes.

Par ailleurs, la protection de la nature contribue à préserver des services essentiels à la santé humaine. Nous menons une approche volontariste en ce sens, notamment en développant des solutions fondées sur la nature.

Par exemple, nous développons des zones de rejets végétalisées, comme la Zone Libellule® (solution de phytoépuration des eaux usées) qui améliorent la qualité de l’eau avant son retour dans la nature, limitent les impacts sur les milieux aquatiques et favorisent la biodiversité, au bénéfice des territoires et des habitants.
Les infrastructures d’assainissement peuvent aussi jouer un rôle de sentinelle des problématiques de santé publique. L’analyse des eaux usées peut permettre de détecter la circulation de virus ou de suivre l’antibiorésistance (capacité des bactéries à résister aux traitements antibiotiques), offrant aux autorités des outils d’alerte précoce et de surveillance épidémiologique.
Aux côtés de partenaires académiques et de santé, nous contribuons à des programmes de recherche de référence pour renforcer la surveillance sanitaire grâce à l’analyse des eaux usées, comme OBEPINE+3 et PROMISE4.

Les déchets constituent un véritable révélateur de nos modes de vie et de consommation et peuvent ainsi apporter des enseignements sur des enjeux émergents de santé publique. C’est le cas par exemple des bonbonnes de protoxyde d’azote, dont le nombre a considérablement augmenté ces dernières années dans les infrastructures de traitement des déchets. Un constat qui conforte celui des autorités de santé quant à la hausse de l’usage détourné du protoxyde d’azote comme gaz hilarant.
Innovation et coopération, nos moteurs pour aller plus loin
L’innovation scientifique est un autre pilier de notre engagement. À travers notre centre de recherche international (le CIRSEE), nous développons depuis plus de vingt ans des solutions pour détecter, caractériser et traiter les micropolluants présents dans l’eau et les eaux usées, notamment les résidus médicamenteux, les métabolites de pesticides et plus récemment les PFAS. Nous explorons également de nouvelles approches d’analyse, comme les bioessais5, afin de renforcer la connaissance autour de la qualité de l’eau.

Enfin, l'approche "One Health" repose sur la coopération. La prise en compte globale de la santé humaine, animale et environnementale nécessite une mobilisation collective associant collectivités, industriels, acteurs académiques, autorités publiques et sanitaires, au sein d’écosystèmes de partenariats durables.
Dans le cadre du One Health Festival, nous avons avons organisé le 2 avril avec l'EPE6 une matinée d’échanges consacrée au rôle des entreprises face au défi du "One health" autour de trois tables rondes réunissant entreprises et experts. Cette matinée a également été l'occasion de présenter le dernier rapport "Pollutions et entreprises : vers des approches holistiques" de la Commission Santé‑Environnement de l’EPE présidée par Charlotte Migne, directrice développement durable de SUEZ.

Partenaire du One Health Summit, nous réaffirmons notre conviction : agir sur l’eau, les eaux usées et les déchets, c’est contribuer concrètement à une santé durable, à l’échelle du vivant et des territoires.
1 SDG Indicators
2 Ibid, p23
3OBEPINE+ est un consortium de recherche interdisciplinaire qui vise à construire une plateforme de R&D en épidémiologie des eaux usées . Objectif : établir une stratégie d’alerte précoce et de suivi des maladies infectieuses par l’analyse des eaux usées. Porté par Sorbonne Université, ce consortium réunit des acteurs académiques de référence (Sorbonne Université, CNRS, INRAE, …), des acteurs de la santé (ANSES, CHU…) et des acteurs publics et privés du traitement des eaux usées.
4 Créé en 2021 dans le cadre du Programme Prioritaire de Recherche dédié à l’antibiorésistance, PROMISE fédère un large réseau d’acteurs engagés en France autour d’une approche One Health. Ce méta‑réseau favorise les échanges entre communautés scientifiques, sanitaires et opérationnelles qui coopéraient jusqu’alors peu, afin de mutualiser expertises, partager les pratiques et renforcer la cohérence des actions menées contre l’antibiorésistance.
5 Les bioessais permettent d’évaluer de manière globale la qualité de l’eau, et de détecter une éventuelle toxicité sans analyser molécule par molécule. Ils pourraient demain être complémentaires aux analyses actuelles, qui sont de plus en plus complexes à mettre en œuvre compte tenu du nombre croissant de molécules existantes.
6 EPE (Entreprises Pour l'Environnement) est une association créée en 1992 qui fédère une soixantaine de grandes entreprises françaises et internationales engagées dans la transition écologique. Partenaire français du WBCSD, elle œuvre à promouvoir un développement économique compatible avec les limites de la planète et socialement accepté.
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