La science est notre patrimoine et un investissement pour l'avenir
La science comme boussole
La connaissance scientifique est à l’origine de toute prise de conscience, de tout passage à l’action. C’est elle qui permet d’objectiver, de comprendre des faits sur la base de données concrètes et mesurables.
La science est aussi un levier de progrès et elle continue à l’être face aux défis environnementaux de notre temps : pénuries de ressources naturelles, changement climatique, pollutions… Dans nos entreprises, c’est l’innovation, une innovation concrète, pragmatique et tournée vers nos clients, vers l’humain de façon générale, qui nous permettra de faire émerger des solutions nouvelles pour accompagner les territoires face à ces défis.
La science enfin, peut éclairer la décision. Parce qu’elle permet d’anticiper, de prévoir et donc, dans une certaine mesure, de prévenir les risques. La canicule que nous avons connue cet été en France nous a rappelé, de manière dramatique, que la science ne ment pas. Nous constatons ce qui est anticipé par les scientifiques depuis cinquante ans. Cela veut aussi dire qu’avec les données dont nous disposons aujourd’hui, nous avons le pouvoir d’anticiper certaines crises.
Dans le secteur d’activité de SUEZ, la gestion de l’eau et des déchets, continuer de croire et d’investir dans la science est d’autant plus important que nos métiers ont des incidences directes en matière de santé publique, d’autonomie énergétique, ou encore de souveraineté et de réindustrialisation.
Lorsqu’on évoque le traitement de l’eau, la valorisation énergétique des déchets, le recyclage des métaux stratégiques, ou encore la préservation des ressources en eau, la science est une alliée pour mieux comprendre les enjeux et développer des solutions pour y répondre. Je pense par exemple à la problématique des PFAS, qui est un sujet de préoccupation majeur pour les citoyens, les collectivités, les industriels. Ce sont les progrès scientifiques qui nous ont permis d’identifier, de quantifier ces substances dans l’eau, et surtout, qui nous permettent aujourd’hui de proposer des solutions de traitement fiables et éprouvées. Autre exemple avec l’intelligence artificielle, qui nous permet de détecter les déchets valorisables sur les différentes étapes de la collecte et du traitement, ou encore de modéliser les évolutions des nappes phréatiques.
Un patrimoine commun à préserver
Cette connaissance scientifique est un héritage collectif. Dans notre pays, elle est à l’origine de la naissance de nombreuses industries qui contribuent à son rayonnement international. Chez SUEZ, plus qu’un héritage, la science est une composante fondamentale de notre ADN. Hier, c’est grâce à elle que nous avons innové pour apporter l’eau potable dans les villes et pour proposer des solutions nouvelles pour collecter les déchets.
Aujourd’hui, nos 1300 experts et 400 chercheurs travaillent chaque jour, dans des domaines aussi variés que la biologie, la chimie, la physico-chimie, les data sciences, mais aussi les sciences sociales – parmi tant d’autres- pour inventer, tester, industrialiser des solutions nouvelles pour faire face aux défis environnementaux de notre époque.
Ces femmes et ces hommes nous rappellent que la science est avant tout une affaire de savoir, d’expertise. Elle doit à ce titre être au cœur des priorités en matière d’éducation pour que, demain, des femmes et des hommes de science soient toujours au rendez-vous pour répondre à ces défis.
Et je crois que là aussi, nos entreprises ont un rôle à jouer en favorisant les ponts entre le monde universitaire et le monde économique, en proposant aux jeunes scientifiques des carrières attractives mais aussi, en valorisant auprès du plus grand nombre des parcours scientifiques inspirants.
La science a aussi besoin d’un récit
Cette dimension de sensibilisation est loin d’être anodine. Car pour continuer à convaincre, pour rassurer, pour imposer son tempo, la science doit être capable de mieux se raconter.
Le récit scientifique reste timide dans le débat public, comme si sa temporalité le freinait, car la science s’inscrit dans le temps long, à rebours des temporalités politique, économique, médiatique qui sont, elles de plus en plus courtes. Il faut parfois des décennies pour qu’une technologie devienne mature. Et face à tout cela, le temps écologique file, irréversible.
Alors à nous qui y contribuons de continuer à raconter la science. Faisons-le de manière plus audible, plus puissante. Rappelons qu’elle est souvent, avant tout, une aventure humaine : l’exaltation du défi à relever, la joie de l’intuition qui se confirme, la satisfaction du problème résolu. Rappelons-nous les progrès qu’elle a apportés à nos sociétés. Et osons dire qu’elle est l’une des conditions d’un futur désirable.
J’ai eu la chance de débattre il y a quelques semaines avec Yasmine Belkaid, Directrice Générale de l’Institut Pasteur, qui s’exprime sur le sujet avec une grande clarté et beaucoup de lucidité : "La science est notre passeport pour l’avenir".