Economie circulaire

Les solutions de l’économie circulaire dessineront le monde de demain

Par Jean-Louis Chaussade, Directeur Général de SUEZ

Il y a quelques années encore, nos métiers étaient fondés sur la conception, la construction et la gestion d’infrastructures dans les secteurs de l’eau et des déchets.

Les grands défis mondiaux ont depuis profondément évolué. Les enjeux liés au changement climatique et à la raréfaction des ressources naturelles sont devenus les priorités de notre siècle. Les pays développés ont déjà consommé une part importante des ressources disponibles. Dans les pays émergents, le développement économique accéléré de régions comme la Chine, l'Inde ou certains pays d'Afrique, la croissance démographique et l’urbanisation galopante, les attentes d'une nouvelle classe moyenne, ont eu à leur tour un impact fort sur leur raréfaction. Le bon usage et la gestion durable des ressources sont ainsi devenus essentiels.

SUEZ a profondément fait évoluer ses métiers pour relever ces défis, et est devenu un leader de l'économie circulaire et des solutions digitales. Le Groupe contribue ainsi à optimiser l'usage des ressources disponibles et à découpler développement économique et émissions de gaz à effet de serre.

Disposerons-nous d’assez d'eau dans les 40 prochaines années ? La réponse est non. Nous savons tous que d'ici 2040, 30 à 40% de la population mondiale devra faire face à une raréfaction de sa ressource en eau disponible. Une situation qui affecte déjà de nombreuses régions du monde et qui pourrait conduire à des conflits d’usage entre agriculture, industrie et besoins des collectivités. C'est la raison pour laquelle nous devons préserver la ressource en eau, grâce aux technologies smart et à la mise à disposition de ressources en eau alternatives comme la réutilisation des eaux usées traitées, le dessalement ou la réalimentation des nappes phréatiques.

Concernant la gestion des déchets, la situation a également fortement évolué. Il ne s’agit plus de se limiter à collecter et enfouir les déchets, mais d’inscrire leur chaîne de valeur dans les principes de l’économie circulaire, en produisant grâce à eux des matières premières secondaires et de l’énergie renouvelable.

L'économie circulaire est l'opposé d'un modèle en silos. Je crois profondément que la responsabilité des entreprises en ce domaine est d’encourager la coopération entre acteurs économiques, de briser les barrières et organiser le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes : industriels, ONGs, autorités publiques et citoyens.

Ce modèle économique représente une nouvelle façon d'être et d'agir. Il nécessite que toutes les activités industrielles soient mises en relation et partagent, plus que jamais, ressources et informations. Le recyclage du plastique, par exemple, implique une coopération entre l'industrie chimique, l’industrie pétrolière, l'industrie de l’emballage et bien sûr les consommateurs, qui orientent la demande avec leurs comportements d'achats et qui sont des acteurs clés dans l’amélioration du tri des déchets.

Nous avons également besoin d’une réglementation adaptée pour atteindre nos objectifs. L'Union européenne, par exemple, vise à encourager des taux de recyclage et de production de matières premières secondaires plus élevés, comme le démontre sa récente proposition de stratégie climat à 2050. Mais alors que notre capacité de production de matières premières secondaires augmente progressivement, une question demeure : à long terme, la demande rencontrera-t-elle l'offre ? La plupart des utilisateurs industriels continuent à privilégier les matières brutes aux matières recyclées, en se fondant uniquement sur leur prix. Si nous voulons accélérer la transition vers une économie circulaire, la généralisation de politiques publiques économiquement incitatives, comme par exemple la mise en place d’un prix du carbone à la fois visible et prévisible, en sera l'un des leviers essentiels.

Chez SUEZ, nous travaillons constamment à l’amélioration de la performance de nos solutions, en s’appuyant sur une solide stratégie d'innovation. Nous combinons ainsi les efforts de nos centres de recherche et d'innovation avec les technologies développées par des start-ups prometteuses, des PME innovantes, tout en impliquant nos clients afin de mieux répondre à leurs nouveaux besoins. Ces partenariats nous permettent d'être plus efficaces et de nous inscrire encore plus rapidement dans l'économie circulaire. C’est la manière dont nous envisageons l’avenir.

Jean-Louis Chaussade, DG de SUEZ

Cette tribune a été écrite dans le cadre de Solutions&Co, une démarche collaborative qui regroupe 20 journaux internationaux dont The Financial Times, Les Echos, Kommersant, Hindu Business Line, Yicai Global, Forbes Afrique, et El Economista. Coordonnée par Sparknews, cette opération éditoriale vise à mettre en lumière des solutions concrètes face au changement climatique.