Agroalimentaire

Secteur agroalimentaire : comment concevoir un emballage (véritablement) recyclable ?

Pas de secret : les organismes de réglementation et le grand public veulent que l’industrie accorde davantage d’importance à la durabilité de ses produits et procédés. Dans ce contexte où le respect de l’environnement prévaut, la conception d’un emballage recyclable est un enjeu de plus en plus important en termes de branding et d’impact financier.

Pour les acteurs du secteur agroalimentaire, la tâche paraît encore plus difficile. Ils font par exemple face à des défis spécifiques concernant la sûreté alimentaire de leurs produits. Qui plus est, la plupart ne savent pas ce qu’est un emballage réellement recyclable.

Dans cet article, découvrez comment concevoir des emballages véritablement recyclables pour vos produits alimentaires ou vos boissons, grâce à huit solutions vous permettant d’optimiser leur durabilité.


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Un emballage agroalimentaire véritablement recyclable, kézako ?

En premier lieu, il est important de comprendre ce qu’un emballage véritablement recyclable signifie. En effet, ce type d’emballage doit présenter quatre caractéristiques principales :

  1. L’emballage doit être collecté de manière adaptée. Chaque pays ayant son propre système de collecte, souvent assorti d’exigences différentes, trouver la meilleure solution peut se révéler plus compliqué qu’il n’y paraît.
  2. L’emballage doit être trié dans une usine de tri. Les usines de tri trient les déchets en fonction de la matière dont ils sont composés. La technologie NIR est par exemple utilisée pour les emballages plastiques afin de trier les différentes matières (type de polymère). Le tri représente 80 % du processus de recyclage. Même si l’emballage est en théorie recyclable, certaines de ses caractéristiques (taille ou résidus de produits à l’intérieur) peuvent influencer la détection et la destination de tri. Il se peut ainsi que des emballages soient envoyés à l’incinération, voire en décharge dans certains pays.
  3. L’emballage doit être retraité après avoir été trié. Chaque matériau recyclable doit être envoyé à des entreprises de recyclage spécifiques pour son retraitement.
  4. Une application finale doit être définie pour l’emballage. Après son retraitement, le matériel recyclé doit être réutilisé, soit pour créer un autre produit (upcycling ou downcycling), soit pour le même produit (circulaire).

Le secteur agroalimentaire est en outre confronté à d’autres enjeux en la matière. L’éventuelle association de différentes matières dans les emballages multicouches peut par exemple influencer, voire empêcher, leur recyclabilité.

Autre défi de taille : l’obligation d’utiliser des matières recyclées de qualité alimentaire disponibles auprès de fournisseurs spécifiques, un point problématique pour de nombreuses entreprises.

Huit solutions pour optimiser la durabilité de vos emballages agroalimentaires

Avec ces quatre caractéristiques en tête, découvrez nos astuces sur la façon de concevoir des emballages réellement durables pour vos produits agroalimentaires.

Étudier en profondeur les procédés de recyclabilité du marché

Tout d’abord, avant même d’analyser la recyclabilité de vos emballages existants ou de créer un emballage plus durable, vous devez connaître les procédés de recyclage de votre marché local. Comme ils varient souvent d’un pays à l’autre, il est crucial pour vous d’en comprendre chaque étape.

Vous devez plus précisément obtenir des informations sur :

  • La façon dont les déchets sont collectés
  • La façon dont ils sont triés
  • Les taux de recyclabilité de la région
  • Les meilleurs matériaux à utiliser pour rendre vos emballages aussi recyclables que possible

Évaluer le degré de recyclabilité actuel de vos emballages

Si vous prévoyez d’optimiser le degré de recyclabilité actuel de vos emballages, réalisez en premier lieu une étude de recyclabilité. SUEZ peut vous accompagner. Il vous suffit d’envoyer des échantillons de votre emballage à l’un de nos sites de recyclage de pointe pour que nous étudiions s’il peut ou non être trié. Suite à cette analyse, nous fournissons à nos clients un rapport complet détaillant les principales problématiques.

Pour aller plus loin, vous pouvez également vous faire certifier. SUEZ propose également ces services, grâce à son affiliation à ReCyclass (organisation de Plastics Recyclers Europe). Cela comprend une étude complète de la recyclabilité de votre emballage, accompagnée d’un score de recyclabilité et de suggestions d’amélioration.

Optimiser votre emballage pour le tri

L’aspect le plus important pour concevoir un emballage recyclable est aujourd’hui de le rendre compatible avec le fonctionnement des machines de tri.

Pour y parvenir, deux étapes cruciales :

  • Optimiser la forme de l’emballage pour un vidage facile. Les résidus à l’intérieur de l’emballage peuvent avoir un impact sur le tri. Par exemple, si un flacon de miel, de ketchup ou de mayonnaise contient des résidus, les machines ne pourront pas les évacuer correctement.
  • Utiliser différents types de matériaux présentant des densités différentes pour faciliter leur séparation ou concevoir, si possible, un emballage mono-matériau. Exemple : le café doit être protégé des rayons UV et de l’oxygène, qui peuvent compromettre la qualité du produit final. L’emballage du café se compose par conséquent de différents matériaux, notamment d’aluminium, qui ne permettent pas de le recycler.


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Ajouter des éléments marketing durables à votre emballage

Les entreprises ont bien sûr besoin d’ajouter des éléments marketing à l’emballage de leurs produits, pour qu’il reflète leur philosophie de marque. Ces éléments parfois anecdotiques peuvent toutefois avoir un impact sur la recyclabilité s’ils ne sont pas pris en considération lors de la conception de l’emballage.

Les étiquettes, par exemple, doivent être collées à l’aide de colles hydrosolubles. Le but est ici de faciliter leur décomposition. Lorsque vous utilisez des étiquettes à base de fibres, notez que cela peut perturber le procédé de recyclage, car des fibres peuvent se détacher.

Autre élément marketing important : la couleur. Certaines couleurs ne permettent pas à la technologie NIR de détecter votre emballage comme étant recyclable. C’est pourquoi nous vous recommandons d’utiliser des couleurs claires et d’éviter les manchons intégraux.

Passer à l’éco-conception

Si, après analyse de la recyclabilité de votre emballage, ce dernier se révèle moins durable que prévu, vous souhaiterez peut-être passer à l’éco-conception afin de le rendre véritablement circulaire.

Chaque projet a ici ses propres méthodes et objectifs. Mais n’oubliez pas qu’un projet d’éco-conception implique en général les étapes suivantes :

  • L’équipe d’ingénierie commence par identifier les matériaux les plus adaptés (plastique, verre, métal, carton, etc.), tout en tenant compte du degré de protection du produit final.
  • Elle identifie ensuite la forme adaptée au procédé de tri et ses caractéristiques pour que l’emballage soit facilement vidé.
  • Elle ajoute ensuite les éléments marketing (étiquettes, couleurs, etc.), ce qui est, comme nous l’avons vu, une étape cruciale.

Tout projet d’éco-conception dépend de la marque et du produit. Veillez à choisir le bon partenaire qui prendra en compte toutes les caractéristiques de protection de votre produit, sans oublier l’aspect marketing.

Réfléchir à différentes applications durables

Lorsqu’il s’agit de recyclabilité, les acteurs du secteur alimentaire pensent souvent à la « circularité », également connue sous le nom de « boucle fermée ». Ce type d’approche permet de reproduire un emballage identique à la fin du procédé de recyclage.

Souvent, les experts en marketing ne savent toutefois pas que leurs emballages peuvent être adaptés à d’autres types d’utilisation finale :

  • Upcycling. L’emballage durable est utilisé dans d’autres produits recyclables après avoir été recyclé. Exemple : l’approche bien connue de recyclage bouteille par bouteille.
  • Downcycling. L’emballage sera adapté à son utilisation finale après recyclage. Les emballages souples en plastique et les films plastiques qui sont revalorisés en outils de jardinage ou en pistes d’athlétisme en sont des exemples typiques.

Et si votre projet d’emballage durable tenait compte de ces deux utilisations finales ?

Informer le consommateur sur l’endroit et la façon de recycler l’emballage

Concevoir un emballage entièrement recyclable ne suffit pas. Les consommateurs ont également besoin de savoir comment le recycler. Pour la plupart, le recyclage n’est pas une action spontanée. Il incombe donc à la marque de les informer sur l’endroit et la façon de recycler ses emballages.

Assurez-vous ainsi d’inclure les logos et labels distinctifs qui aident les utilisateurs finaux à mettre l’emballage au rebut de manière appropriée.

Inclure des matériaux recyclés de qualité alimentaire

Votre emballage est à présent recyclable, correctement trié et retraité. Et si vous boucliez la boucle en y réintégrant des matériaux recyclés ? Qu’il s’agisse de PET recyclé pour votre emballage primaire ou de polyéthylène faible densité pour votre emballage secondaire, des alternatives écologiques et véritablement circulaires existent bel et bien.

L’identification de résines plastiques recyclées et d’autres matériaux de qualité alimentaire peut toutefois se révéler complexe. En effet, ces matériaux doivent être tracés avec précision pendant les phases de tri et de retraitement afin de s’assurer qu’ils ne sont pas mélangés à d’autres plastiques de qualité non alimentaire (de l’industrie cosmétique par exemple). Dans la plupart des pays, les sites de recyclage peinent néanmoins à séparer ces différents types de plastique.

Ce défi devient de plus en plus crucial pour les acteurs du secteur agroalimentaire, car les réglementations leur imposent de s’y adapter à moyen terme. Dans l’UE, par exemple, les réglementations stipulent que toutes les bouteilles PET devront contenir au moins 25 % de matériaux recyclés d’ici 2025.

Vous souhaitez en savoir plus sur la façon d’intégrer des plastiques recyclés à vos emballages agroalimentaires ? Découvrez notre article à ce sujet et commencez dès maintenant à rendre vos emballages plus circulaires.

Découvrez notre article sur ce sujet crucial et commencez dès maintenant à boucler la boucle de circularité sur votre propre emballage.

Réaliser une veille technologique


Au cours des dernières années, les solutions durables n’ont cessé d’évoluer et nous permettent aujourd’hui de concevoir des emballages agroalimentaires réellement recyclables, voire circulaires. Les axes d’amélioration ne manquent toutefois pas et les technologies se développent pour aider les marques à concevoir des emballages toujours plus respectueux de l’environnement.

À titre d’exemple, le recyclage mécanique (procédé de recyclage traditionnel utilisé actuellement) n’étant pas complètement adapté aux emballages multicouches, une technologie innovante, le recyclage chimique, a commencé à faire son apparition. Toujours en phase de développement, ce procédé se concentre sur les façons de « casser » les polymères en molécules de plus petite taille, le but final étant d’obtenir plusieurs monomères pouvant être recyclés.

Aujourd'hui, certaines entreprises offrent des solutions pour aider les fabricants industriels à identifier les plastiques recyclés de qualité alimentaire. Le groupe SUEZ s’est par exemple associé à Loop Industries pour donner naissance au premier site Infinite LoopMC européen, qui produira des plastiques 100 % recyclés et 100 % recyclables.

Lors de la conception de votre emballage, veillez à vous entourer d’experts en durabilité avides d’identifier les solutions les plus innovantes pour vous aider à atteindre vos objectifs environnementaux et marketing.