Climat

Changement climatique : en route vers la neutralité carbone

Dans son rapport d’août 2021, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a réaffirmé l’origine humaine de la hausse des températures sur Terre, l’ampleur inédite des changements climatiques observés aujourd’hui et la nécessité de réduire drastiquement les émissions de GES pour limiter la hausse des températures sur Terre à +1,5 °C. Ce 8 décembre, Journée Mondiale pour le Climat, nous revenons sur les leviers d’action que SUEZ a défini pour s’inscrire dans cette trajectoire +1,5 ° : réduire les émissions de gaz à effet de serre, les éviter et les compenser. Avec comme finalité ultime, l’atteinte de la neutralité carbone.

Changement climatique : de quoi parle-t-on ?

La notion de changement climatique est apparue médiatiquement à la fin des années 80. On commence alors à s’intéresser à la hausse inédite des températures enregistrées sur la planète depuis le début du siècle. En réalité, le climat a toujours évolué. Il faisait en moyenne 5 °C de moins qu’aujourd’hui sur la Terre il y a 20 000 ans, mais cette augmentation, absorbée sur plusieurs milliers d’années, s’est produite sans dommages pour les écosystèmes qui ont eu le temps de s’adapter. En revanche, de 1900 à 2000, la température de la Terre a augmenté de 1 °C, ce qui représente un pas de temps extrêmement rapide à l’échelle de la planète. C’est aussi dans les années 80 que l’on prend conscience de la perte de biodiversité et que le lien entre extinction de certaines espèces et réchauffement climatique émerge. Au cours des années 2000, le réchauffement climatique deviendra un sujet de préoccupation majeur qui amènera l’ensemble des acteurs mondiaux, Etats, territoires, entreprises, industries, citoyens, à s’engager.
Le changement climatique est incontestablement lié à l’ère industrielle. Dès 1750, nous sommes entrés dans une société de l’énergie dans laquelle nous avons extrait et consommé du charbon, du pétrole, du gaz pour répondre aux besoins de l’industrie naissante, émettant à outrance des Gaz à Effet de Serre (GES) issus de la combustion de ces énergies fossiles. Ces fameux GES ne sont pas nocifs en tant que tels puisque leur pouvoir réchauffant permet de maintenir la température globale de la planète à 15 °C. Le problème aujourd’hui, vient du fait que cet équilibre est rompu car nous émettons des GES en quantité et à un rythme tels qu’ils ne trouvent plus d’échappatoire, s’accumulent dans l’atmosphère, et font monter les températures comme dans une cocotte-minute. Tous les cycles naturels, tous les écosystèmes animaux et végétaux s’en trouvent perturbés durablement.

Gaz à effet de serre, empreinte carbone : comment les mesurer ?

Il existe plusieurs GES dont les principaux sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O). Pour les mesurer, une métrique a été mise en place au niveau international : « le CO2 équivalent ». Au-delà de l’aspect strictement quantifiable, une classification internationale permet aussi de qualifier les émissions selon trois scopes. Le scope 1 recense les émissions directes, générées par une activité propre. Dans le cas de SUEZ, il s’agit des émissions dues à l’incinération et aux installations de stockage des déchets par exemple. Les deux autres scopes regroupent les émissions indirectes, qu’il s’agisse de l’électricité consommée dans les process (scope 2) ou, plus largement, des émissions liées au transport, aux prestations de sous-traitance, aux achats de biens et service… (c’est le scope 3).

Pour une entreprise, mesurer son empreinte carbone relève de sa responsabilité. SUEZ l’a calculé en 2019 : celle-ci s’élève à 33 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an, tous scopes compris. Si on se cantonne aux scopes 1 et 2, SUEZ émet un peu plus de 9 millions, c’est ce qui est indiqué dans le Rapport Intégré 2021. En effet, l’inclusion du scope 3 modifie les résultats car il comptabilise, entre autres, les émissions liées aux usages de l’eau dans la maison par les clients - notamment le chauffage de l’eau - qui représentent 19 millions de tonnes.

Le SBTi, un organisme de validation de stratégie climat

Le Science Based Targets initiative est un organisme international émanant du Global Compact des Nations Unies, du Carbon Disclosure Project (CDP), du World Ressource Institute (WRI) et de l’ONG World Wildlife Fund. Son objectif est d’inciter les entreprises à définir des objectifs de réduction de leurs émissions de GES et de promouvoir des stratégies carbone permettant de maintenir l’augmentation des températures mondiales en deçà de 2 °C - voire 1,5 °C - par rapport aux températures préindustrielles, conformément aux recommandations du GIEC et à l'Accord de Paris sur le Climat. Pour ce faire, SBTi développe des outils, fournit des éléments scientifiques, conseille et accompagne les entreprises puis, le cas échéant, valide officiellement leur stratégie. Il y a une robustesse et une reconnaissance internationale sans équivoque dans le dispositif SBTi. 1 878 entreprises dans le monde ont pris des engagements auprès de SBTi, parmi elles seulement 846 ont obtenu cette validation et SUEZ en fait partie.

L’innovation : le moteur d’une stratégie climat

Un programme d’innovation est en cours chez SUEZ pour développer des solutions de capture, stockage et utilisation du carbone que nous émettons. Le deuxième levier d’action : éviter d’émettre des GES concerne surtout la façon dont nous accompagnons nos clients dans leur transition écologique. Avec le recyclage matière par exemple : en produisant des matériaux recyclés, le Groupe permet à ses clients de ne pas avoir recours à des matériaux vierges et contribue ainsi à la neutralité d’un territoire. Avec la valorisation énergétique également, nous transformons la chaleur issue du fonctionnement de nos incinérateurs en énergie susceptible d’être utilisée pour du chauffage urbain, évitant ainsi à nos clients de se tourner vers les énergies fossiles.

De par ses activités, SUEZ est pourvoyeur de solutions. Grâce à la production d’énergies renouvelables à partir des déchets et des eaux usées, et grâce à la commercialisation de matières premières secondaires issues du recyclage, le Groupe a déjà permis d’éviter l’émission d’environ 10 millions de tonnes de gaz à effet de serre à ses clients en 2020. Troisième et dernier levier d’action : compenser nos émissions. Malgré tous nos efforts pour réduire et éviter, il restera toujours des émissions résiduelles du fait de nos activités. Pour atteindre la neutralité, il faudra donc à terme compenser. SUEZ travaille actuellement sur les différents scenarii possibles pour compenser ses émissions de carbone, et sur la mise en place de solutions adaptées.

Pour en savoir plus sur le GIEC

Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat - IPPC en anglais - a été créé à la demande de l’ONU. Aujourd’hui 195 Etats en sont membres. Cette instance réunit des scientifiques du monde entier dont l’objectif est de constituer un socle commun de connaissances sur le climat, en mutualisant et en synthétisant toutes les informations scientifiques existantes sur le sujet. Dans son rapport du mois d’août, le GIEC a réaffirmé une nouvelle fois l’origine humaine de la hausse des températures sur Terre et l’ampleur inédite des changements climatiques observés aujourd’hui.

Face à ce constat, il envisage plusieurs scénarios que l’on peut résumer ainsi : soit on réduit drastiquement les émissions de GES et on parvient à juguler la hausse des températures sur Terre à +1,5 °C ; soit on ne fait rien et le maximum de ce que le GIEC prévoit en termes d’augmentation de température c’est +5 °C. Or une planète à +5 °C à l’horizon 2 100 ne serait tout simplement pas vivable. Chaleurs extrêmes, sécheresses, méga-feux, tempêtes, inondations, difficultés d’approvisionnement alimentaire, migrations…

Pour aller plus loin