L’adaptation, condition d’une croissance durable
D’un risque perçu à une réalité vécue
De nombreuses avancées concrètes peuvent être saluées depuis l'Accord de Paris il y a 10 ans. Mais la perspective de maintenir le réchauffement climatique sous le seuil de 1,5°C s’éloigne. Les conséquences du changement climatique sont déjà visibles pour nos territoires : les vagues de chaleur s’allongent, les ressources en eau se tendent, certaines infrastructures atteignent leurs limites. Les impacts économiques liés aux événements climatiques dépassent aujourd’hui les centaines de milliards de dollars par an, contre quelques dizaines il y a trente ans. La question n’est donc plus de savoir si ces événements se produiront, mais où, à quelle fréquence, et surtout comment rester résilients face à eux. Comment préserver, dans cette nouvelle réalité, ce qui fonde la stabilité économique de notre pays et de notre continent : l’accès à une eau de qualité, la protection des ressources, la fiabilité des infrastructures, la sécurité des femmes et des hommes, la continuité des processus de production et des services.
Le cadre politique en la matière évolue. La France s’est dotée d’une trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) et d’un plan national d’adaptation. Au niveau européen, une Stratégie d’adaptation a été adoptée par l’UE en 2021 et un nouveau cadre devrait être présenté par la Commission Européenne d’ici fin 2026 pour la renforcer. Mais la réalité climatique continue d’aller plus vite que les décisions publiques.
C’est pourquoi les entreprises peuvent et doivent jouer un rôle essentiel pour agir dès maintenant. L’adaptation n’est pas un horizon lointain. Elle est devenue une nécessité immédiate et la condition d’une croissance durable à long terme.
L’adaptation, moteur d’attractivité et de performance
Car un autre constat progresse : l’adaptation n’est pas un coût, c’est un investissement pour l’avenir. L’inaction, elle, aura un coût. De nombreuses analyses montrent en effet que les risques physiques peuvent exposer une part significative des revenus et des marges dans de nombreux secteurs. À l’inverse, les mesures d’adaptation présentent souvent un retour sur investissement positif sur la durée de vie des actifs.
Les territoires qui renforcent leurs infrastructures face aux évènements climatiques extrêmes et les entreprises qui sécurisent leurs chaines d’approvisionnement face aux risques de pénuries seront demain plus solides et plus attractifs. Pour les entreprises, l’adaptation devient un impératif stratégique. Et la prise de conscience s’amorce : en 2023, les entreprises étaient quatre fois plus nombreuses à mesurer les impacts des risques climatiques qu’en 20201.
Anticiper pour construire un avenir durable
Le maître mot face à ce défi est l’anticipation. La science nous permet aujourd’hui de prévoir certains phénomènes avec lesquels nous devrons composer demain. Nous avons les clés pour prévenir la plupart des crises.
Pour les entreprises, anticiper c’est, par exemple, comprendre ses vulnérabilités face à un cycle de l’eau qui se dérègle. Quelle est la quantité d’eau nécessaire aux opérations ? Avec quelle qualité ? Quelle est l’exposition des sites de production aux risques de stress hydrique, de pollution ou d’inondation ? Anticiper, c'est mettre en place une stratégie Eau au plus haut niveau de l’entreprise, au même titre que la stratégie Climat, pour identifier, financer et mettre en œuvre les actions qui permettront de réduire les vulnérabilités identifiées. Des actions concrètes peuvent déjà être déployées pour optimiser sa consommation, pour mobiliser des sources d’eau alternatives, comme la réutilisation des eaux usées ou l’eau de mer dessalée, et ainsi réduire sa dépendance à l’eau douce en période de stress hydrique.
Etablir un diagnostic précis des risques, en s’appuyant sur les modèles de prédiction pour analyser différents scenarios, sécuriser sa chaine d’approvisionnement, y intégrer l’eau parmi les ressources essentielles au même titre que l’énergie ou les matières premières, sécuriser le fonctionnement de ses infrastructures face aux évènements climatiques extrêmes... autant d’actions d’adaptation qui peuvent être mises en place dès aujourd’hui, pour préserver sa résilience et sa compétitivité sur le long terme.
Ouvrir la voie par des actions ciblées
Un exemple concret : l’adaptation est au cœur de notre stratégie climatique. Notre action porte sur trois grandes priorités : nos sites, nos procédés et les conditions de travail des équipes. Nous avons d’ores et déjà identifié parmi tous les sites que nous opérons ceux qui sont prioritaires et vulnérables aux conséquences du changement climatique. D’ici 2027 tous seront dotés d’un plan d’adaptation défini. Nous agissons dès aujourd’hui pour adapter les processus de traitement de l’eau et des déchets à des variations de température plus importantes, à des pluies plus intenses. Nous avons enfin pleinement intégré les risques liés aux conditions climatiques extrêmes dans nos standards Santé-Sécurité.
Notre action est déterminée et guidée par une conviction : la prise en compte de la nouvelle donne climatique est une condition indispensable à la performance durable des entreprises.
1 ADAPTATION & RÉSILIENCE DES ENTREPRISES AU CHANGEMENT CLIMATIQUE, BCG -Quantis